Je prends aujourd’hui la parole pour le groupe écologiste et apparentés pour une explication de vote.
La transalpine est une association de lobbying. Ce n’est pas le groupement d’entreprises qui construisent le tunnel international dit Lyon-Turin. L’usage d’argent public pour soutenir une association de lobbying d’un projet en cours pose quand même des questions de gaspillage…
Mais notre propos va au-delà. Quels que soient les avis de chacune et chacun sur le besoin d’un tunnel international dans un monde idéal – sans problèmes de ressources financières, naturelles et humaines – il devrait y avoir un consensus sur une simple chose: le tunnel international est aujourd’hui loin d’être prioritaire.
Pourquoi ? Parce que nous ne sommes pas dans ce monde idéal où les ressources financières, naturelles et humaines sont infinies.
Aujourd’hui, les priorités sont mal posées.
Le tunnel est en cours de creusement, horizon 2033, alors même que les accès français – absolument nécessaires – seraient livrés seulement en 2043, dix ans après le tunnel.
Sachant que ce qui est aussi nécessaire pour la circulation ferroviaire, le fret ou les voyageurs, c’est le contournement ferroviaire de l’agglomération lyonnaise.
Lyon est un véritable nœud ferroviaire européen, en particulier le tronçon Guillotière St Clair, et cela limite l’augmentation des trains, TER, RER Métropolitain, Fret, trains de nuit et j’en passe.
Le projet CFAL nord est au point mort depuis 2012. Il faut alors attendre jusqu’à quand pour le voir réalisé ? 2053 ?
Vous l’avez compris. Nous avons un problème de priorités. Il faudrait en réalité faire tout l’inverse. Le CFAL, priorité une, l’augmentation de l’offre voyageurs métropolitaine et régionale, l’accueil de plus de trains de fret et nocturnes, les accès français, puis éventuellement le tunnel international.
Cela, c’est uniquement sur le phasage.
En matière budgétaire, les priorités sont dans le même ordre. De nouveaux TER, le SERM, le CFAL, les accès français. Au bas mot, cela correspond à 18 Mds €. C’est colossal, même pour un groupement Région-Etat-Europe. Disons-le, le tunnel international n’est pas une priorité ferroviaire.
Vous l’aurez compris. Nous voterons contre cette adhésion qui gaspille 180k€ sur un mandat sans faire avancer aucun de ces chantiers.